ATELIER ALBERT COHEN

Groupe de recherches universitaires sur Albert Cohen

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Bienvenue sur le site de l'atelier Albert Cohen

Une comédienne lit Belle du Seigneur dans une salle de bains

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Une comédienne lit "Belle du Seigneur" dans la salle de bain, nue comme Eve

L'expérience est très insolite et elle est proposée par le théâtre l'Arsenic.

http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/3486876-une-comedienne-lit-belle-du-seigneur-dans-la-salle-de-bain-nue-comme-eve.html

 

David Foenkinos à propos de Belle du Seigneur

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David Foenkinos :  « Je suis passé de lecteur à apprenti écrivain »

Tout l’été, un auteur évoque le livre qui l’a marqué, dont l’univers offre des résonances avec son œuvre. David Foenkinos a choisi « Belle du Seigneur », d’Albert Cohen

« Avant l’âge de 16 ans, je n’ai quasiment pas lu. Puis, une opération m’a contraint au repos et je dois dire que cela a beaucoup changé ma vie. Avec la découverte de la lecture, cette époque a marqué le début de ma passion littéraire. Tous les livres que j’ai lus pendant ces années-là tiennent dans ma vie une place importante.  « Belle du Seigneur », d’Albert Cohen, est sans doute celui qui m’a le plus marqué, parce qu’il a réveillé en moi quelque chose d’assez fort et m’a propulsé vers le terrain créatif. Ce roman, et plus largement l’univers de Cohen, m’a fait passer de lecteur à apprenti écrivain.

J’avais 18 ans et je commençais ma première année de lettres à la Sorbonne. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Claire, mon premier amour, et nous nous sommes aperçus que nous étions tous deux en train de lire « Belle du Seigneur ». Chacun a terminé sa lecture sur le livre de l’autre.

UNE VISION TERRIFIANTE DE L’AMOUR

Je n’ai pas été fasciné par l’histoire d’amour entre Ariane et Solal. Au contraire, je trouve que la vision que le roman donne de l’amour est terrifiante. Les deux amants veulent à tout prix préserver leur passion, ce qui est totalement illusoire ! Ils refusent de passer à une autre étape de l’amour, comme la tendresse par exemple, qui pourtant peut être belle aussi. Je ne pense pas que l’on puisse sauver l’amour en ayant deux salles de bains séparées…

D’ailleurs, leur histoire est un échec, puisqu’ils se suicident. En revanche, j’aime les femmes décrites par Cohen. Ariane, cette fille de bonne famille emportée par la passion, est sublime. Solal est aussi un personnage magnifique et extrêmement séduisant qui a sans doute marqué l’adolescent timoré que j’étais.

L’HUMOUR COMPATIBLE AVEC LA LITTÉRATURE

Pour moi, l’importance de « Belle du Seigneur » tient surtout de son écriture. Ce livre a radicalement changé mon rapport à la littérature. Je n’ai jamais autant ri qu’à sa lecture. C’était une vraie découverte. Échaudé par les lectures pesantes imposées au collège et lycée, je pensais que l’humour était incompatible avec la littérature. Grâce à Albert Cohen, son écriture flamboyante et pleine de fantaisie, je me suis rendu compte que le roman pouvait être quelque chose de joyeux et de ludique.

L’un des aspects les plus intéressants de « Belle du Seigneur », c’est sa description de la comédie humaine. Le héros, Solal, et le mari d’Ariane travaillent tous deux à la Société des Nations à Genève. Cohen s’amuse beaucoup de ce petit monde, où il évoluait lui-même dans la réalité. Il raconte avec malice le quotidien des employés de la Société des Nations et leur petit manège pour atteindre leur plus grande ambition : passer de la catégorie B à A…. Il y a aussi cette savoureuse galerie de personnages, les Valeureux, que l’on retrouve dans plusieurs romans de Cohen. Ils sont ridicules mais touchants de ridicule.

Paradoxalement, Cohen défend aussi dans ses pages un goût du romanesque, incarné par Solal qui apparaît à cheval, toujours flamboyant dans son entreprise de séduction. Solal, cependant, est aussi d’une lucidité assez sombre. L’idée de la mort est très présente dans « Belle du Seigneur » et, sous couvert de sarcasmes, Cohen fait dire à Solal des choses particulièrement dramatiques. Il observe les mesquineries des uns et des autres, leur comédie, en se répétant que cette comédie est vaine et que tous finiront égaux, allongés dans la tombe.

Beaucoup de thèmes sont abordés dans « Belle du Seigneur » qui, au-delà de l’histoire d’amour, est pour moi un roman complet et profond sur la vie.

UN TERRAIN FAMILIER

Depuis ma première lecture à 18 ans, je l’ai relu deux fois. Entre-temps, j’ai vécu, aimé et vieilli, mais il y a des pages entières que je pourrais lire et relire encore… À 36 ans, je ne me lasse pas de cette écriture qui me fascine par son rythme, son inventivité, sa beauté, sa poésie. J’ai une passion pour l’univers de Cohen et j’y reviens sans cesse, parce qu’il est incroyablement vivant. Son style a largement contribué à mon désir d’écrire et à ma formation d’apprenti écrivain.

Alors que mes premiers textes étaient plutôt sombres, j’ai eu envie, après la lecture de Cohen, de m’amuser avec les personnages et avec les mots. Cette lecture a vraiment été une source d’inspiration vivante, dont la fantaisie ne m’a plus quitté. Peut-être aussi que ce livre a parlé à des choses plus profondément enfouies en moi. Comme Albert Cohen, j’ai des origines grecques et, même si j’ai un rapport très lointain au judaïsme, inconsciemment, il crée en moi de multiples échos. Dans ses livres, pas seulement « Belle du Seigneur », je me sens en terrain familier.

Depuis ma première lecture, je vais régulièrement en Suisse sur les traces de Cohen et à Genève où j’ai découvert que le Ritz, où se déroule une grande partie de « Belle du Seigneur », n’existait pas ! Je n’en ai certainement pas terminé avec ce livre. Il n’est pas parfait et d’autres livres m’ont beaucoup nourri, mais celui-ci occupe une place vraiment à part dans ma vie de lecteur et d’écrivain… Il est d’ailleurs très présent dans mes romans. Comme moi, mes personnages le lisent et l’aiment. »

RECUEILLI PAR MARIE-VALENTINE CHAUDON

 Source : La Croix

 

Lecture intégrale de Belle du Seigneur à Genève, le 6 août

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Vingt-deux comédiennes liront «Belle du seigneur» en une nuit à l’Ariana

LETTRES | Le roman d’Albert Cohen, paru en 1968, se situe à Genève. Il a marqué la seconde moitié du XXe siècle. Le spectacle se verra reconduit dans d’autres espaces.

ÉTIENNE DUMONT | 21.07.2011 | 14:45

Certains ont lu tout Proust au Centre Pompidou. Un collectif genevois s’apprête, lui, à faire entendre l’intégralité de «Belle du Seigneur» d’Albert Cohen. Tout se passera en une nuit, le 6 août, à partir de 18 heures. La cérémonie, puisqu’on peut utiliser un tel mot, se déroulera au Musée de l’Ariana, 10, avenue de la Paix. Quatre salles de l’institution se verront utilisées tour à tour. Vingt-deux comédiennes seront de la partie.

Pourquoi une telle performance? D’abord le roman, paru en 1968, se passe en grande partie à Genève, de la Société des Nations (ancêtre de l’ONU) à Champel, en passant par la gare Cornavin. Cohen habitait ensuite Genève, où il est mort il y a juste trente ans.

Selon Nelly Uzan, porte-parole du projet, personne n’est supposé entendre les douze heures d’affilée, même s’il existe le précédent des spectacles de Bob Wilson. «Belle du Seigneur ne vaut peut-être pas tant par l’histoire que par la manière dont elle est racontée. C’est pour partager la jubilation du verbe de Cohen et la démesure du roman que nous désirions fixer ce rendez-vous.» Précisons qu’il y aura des respirations musicales.

Pour les participantes, «cette nuit n’est qu’un lever de rideau.» La lecture se poursuivra donc la saison prochaine, dans des lieux à déterminer. «Des personnes ou des organisations pourront ainsi s’offrir une soirée exceptionnelle, qu’elles partageront avec leurs invités.»

Musée Ariana, 10, avenue de la Paix, le samedi 6 août de 18 heures à l’aube.


Source : La Tribune de Genève

 

Figures de l’étranger dans l’œuvre d’Albert Cohen

Journée d’études organisée par l’Atelier Albert Cohen et l’EA 4400 Ecritures de la modernité (CNRS/ Sorbonne Nouvelle), le samedi 21 mai, salle Las Vergnas (3e étage), centre Censier, 13 rue de Santeuil 75005 Paris (métro Censier-Daubenton).


9h00 : Accueil des participants

- 9h30 : Joëlle Zagury-Benhattar (Montpellier) : « La cause des réfugiés. Du personnage de Jérémie à l’action internationale d’Albert Cohen. »

- 10h00 : Pierre Bras (Centre College, Danville, USA) : « Figures de l’injustice : l’étranger et le droit dans l’œuvre d’Albert Cohen ».

Pause

- 11h00 : Maurice Lugassy (Toulouse) : « Albert Cohen, années 20 : la tentation du Christ. »

- 11H30 : Jessica Desponds (Paris 7) : « La nudité du Visage. Une éthique de la substitution dans Belle du Seigneur »

- 12h00 : Maxime Decout (classes préparatoires, Lyon) : « L'Egypte chez Cohen comme mémoire et fidélité juives à l'étranger ».

Pause déjeuner

- 14h30 : Baptiste Bohet (Sorbonne Nouvelle) : « Le rôle identitaire du sang et des dents »

- 15h00 : Jack Abecassis (Pomona College, USA) : « Le passeport »

- 15h30 : Anaëlle Touboul (Sorbonne Nouvelle) : « L’étranger intérieur »

Pause

- 16h30 : Thanh Vân Ton-That (Université de Pau) : « L’étranger chez Proust et Cohen »

- 17h00 : Alain Schaffner (Sorbonne Nouvelle) : « L’Angleterre et les Anglais : a strange world ».

Fin de la journée d’études vers 18h00

Contact : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Mise à jour le Jeudi, 05 Mai 2011 17:04
 

L'émission Apostrophes avec Albert Cohen en ligne


A l'initiative du site Canal Savoir, vous pouvez profiter, pendant les mois de février et mars, de la rediffusion de certaines des émissions d'Apostrophes parmi les plus marquantes, dont celles où Pivot s'entretient avec Nabokov, Simenon, Yourcenar, Soljenitsyne, Lévi-Strauss et Albert Cohen.

En achetant les droits de ces émissions, le Canal Savoir a profité de l'occasion pour ajouter, à la fin de chaque émission, un entretien avec un ou une "spécialiste" de l'oeuvre de l'auteur concerné. Vous pourrez donc voir et entendre, entre autres, André Major parler de l'oeuvre de Simenon, Jean-François Chassay de l'oeuvre de Nabokov, Catherine Mavrikakis de celle de Soljenitsyne et Mathieu Bélisle (membre de l'Atelier Albert Cohen) de celle d'Albert Cohen.


Pour connaître les horaires de diffusion cliquez ici



Mise à jour le Mardi, 08 Mars 2011 15:16
 

 Appel à communication pour la journée d’études de l’Atelier Albert Cohen : 

Figures de l’étranger dans l’œuvre d’Albert Cohen 


Cette journée d'étude aura lieu le samedi 21 mai 2011 à la Sorbonne Nouvelle, salle Las Vergnas (Centre Censier, 13 rue de Santeuil, 75005 Paris, 3e étage) est organisée avec le concours de l’Equipe d’accueil « Ecritures de la modernité » (EAC 4400, CNRS/Paris 3) et de la Fondation Mémoire Albert Cohen.

Tous les lecteurs de Cohen ont en mémoire la figure de Jérémie et son antique valise bardée d’étiquettes - qui en fait une figure par excellence de l’étranger. Albert Cohen, lui-même corfiote en exil, juif de la diaspora se sentant mis au ban, malgré sa réussite sociale, par une société parfois férocement antisémite, s’est toujours intéressé au sort des étrangers. Son héros, Solal, se définit d’ailleurs dans une formule célèbre comme « seul, toujours, un étranger et sur une corde raide ». En 1946, Cohen eut l’occasion de rédiger, dans le cadre de ses fonctions de conseiller juridique au Comité intergouvernemental pour les réfugiés, le texte d’un accord relatif à la délivrance aux apatrides d’un titre de voyage « plus luxueux que le passeport suisse » ; il en était particulièrement fier.

La définition de l’étranger est loin d’aller de soi. Elle suppose une patrie, un point d’ancrage (qu’il s’agisse d’un territoire, d’une communauté, d’une culture, d’une nation) par rapport auquel l’altérité de l’étranger puisse se définir. Le rapport avec lui peut se limiter, selon les circonstances, à l’exclusion et au rejet, ou se définir comme une ouverture enrichissante sur tous les plans. Depuis la thèse de Daisy Politis, Figure et rôle de l’étranger chez Albert Cohen (1989), à laquelle nous rendons hommage en reprenant partiellement son titre, la question n’a jamais été aussi frontalement abordée.

On pourra s’intéresser aux différences géographiques, culturelles ou nationales telles qu’elles sont présentées dans l’œuvre et aux conflits qu’elles engendrent. La SDN offre ainsi une mosaïque de nationalités et une réflexion sur la dimension multinationale - juridique ou diplomatique - de la relation à l’étranger. La figure de l’apatride ou du paria revient dans l’œuvre de manière récurrente, du Christ de Paroles juives à Jérémie ou à Finkelstein, dans un contexte historique, celui de l’entre-deux-guerres, propre à exacerber les oppositions et les sentiments xénophobes. L’histoire de la création de l’Etat juif se lit aussi en filigrane dans les romans de Cohen - qui accompagna longtemps le mouvement sioniste.

L’étrangeté peut également prendre une forme religieuse et apparaître dans les relations entre les communautés. L’œuvre de Cohen revient à de nombreuses reprises sur les grandes oppositions entre le paganisme et le judaïsme, ou entre le judaïsme et le christianisme, voire entre les religions de l’antinature (judaïsme et christianisme) et le culte de la nature (le paganisme). La figure mythique du juif errant associe ainsi étrangeté religieuse et étrangeté géographique, sans parler du décalage temporel qu’elle suppose.

Dans un dernier sens, l’étranger peut enfin être intérieur ou inconscient. Les clivages internes de Solal entre le Juif (oriental) et le Français (occidental), entre le don Juan méprisant les femmes et le Tristan prêt à mourir d’amour sont autant de figures du dédoublement. Toutes les figures de l’autre, y compris intérieur, sont ainsi susceptibles de se révéler étrangères. Le continent féminin apparaît à Solal particulièrement inquiétant et incompréhensible, d’autant plus peut-être qu’il s’en sent plus proche. La présence de l’animal en l’homme, des instincts cruels que la religion et la civilisation n’ont jamais fini de réprimer, révèlent enfin l’irréductible étrangeté des humains à eux-mêmes.

 

Les projets de communication sont à adresser à Alain Schaffner avant le 25 avril 2011.

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Mise à jour le Dimanche, 06 Mars 2011 19:20
 

image de l'affiche à la rencontre d'Albert Cohen


A LA RENCONTRE D'ALBERT COHEN


L’Espace Hillel (au 113 Bd Vivier Merle à Lyon) organise le week-end du 26 et 27 février “A la rencontre d’Albert Cohen” qui mêle conférence, concert, pièce de théâtre et projection sur Albert Cohen


Pour consulter le programme et en savoir plus cliquez ici






Mise à jour le Vendredi, 25 Février 2011 12:06
 

Disparition de Denise Goitein-Galpérin

L'Atelier Albert Cohen apprend avec une très grande tristesse le décès de Denise Goitein-Galpérin. 

A vrai dire, cela faisait plusieurs années déjà qu'elle s'était éloignée de nous, sous le coup d'une impitoyable maladie. C'est pourquoi, dès 2003, l'Atelier avait tenu à rendre hommage, dans le numéro 13 des Cahiers Albert Cohen, à celle qui fut à la fois la pionnière des études cohéniennes à l'Université et l'un des membres fondateurs de notre association, qu'elle présida avec intelligence, générosité et passion. Trois qualités qui pourraient d'ailleurs qualifier son oeuvre critique. Denise fut l'auteur de travaux d'importance non seulement sur Albert Cohen (nous avons dit, et nous redirons, tout ce que les études cohéniennes doivent à Visage de mon peuple) mais aussi sur Paul Claudel, Ephraïim Mikhaël, André Spire, Bernard-Lazare, Nathalie Sarraute...

Que tous ceux qui ont connu et aimé Denise Goitein-Galpérin n'hésitent pas à transmettre leur témoignage à l'Atelier Albert Cohen. Nous prévoyons, outre une nouvelle édition des Cahiers n°13, la publication d'un "livre d'or" dans le numéro de 2011. 

L'Atelier Albert Cohen présente ses plus sincères condoléances à tous les proches de Denise Goitein-Galpérin, à ses enfants, à son mari Charles Galpérin qui lui témoigné un dévouement proprement admirable dans ces années terribles. Qu'ils sachent que nous ne l'oublierons pas. 



Mise à jour le Vendredi, 25 Février 2011 12:08
 


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